Exhibition Review |


Nathalie Rothkoff

« Les chambres de sa mémoire »

Adresse: 5 rue Louis Boilly,75016, Paris

Date: 05/05-25/05 2018

Commissaire d'exposition: Yue & Qiu Chi

Photo Credit: ©AnRan MAO

Production:  Æemergence curatorial

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Nathalie Rothkoff a déployé tous ses efforts pour saisir toute la beauté fugace entre les intervalles des couleurs, elle s'est d'ailleurs reposée sur le mélange et le passage progressif entre les couleurs pour créer une sensation de mouvement visuellement distordu. Les minuscules espaces gradués et le temps passant tranquillement constitue la fondation guidant son art.

Cette exposition s’intitule “Les Chambres de sa mémoire”qui révèle les œuvres représentatives des deux dernières années de Nathalie Rothkoff. L’exposition comprend les monochromes créées en France, la série en noir et blanc et les dessins créées en Chine. Ces deux grandes séries d'œuvres utilisent l’acrylique comme matériau de création : avec plus de six couches de peinture, les couleurs sont soient pleines, soit denses, ou lubrifiées, soit fluides et ont la particularité d'être libérées sans aucune réserve, permettant ainsi aux spectateurs de déambuler et de se perdre parmi un monde magnifique et bariolé.

Cette exposition s’organise autour de quatre chambres : Première chambre ONLYavec les monochromes ; deuxième chambre : Ses mélancolies ; troisième chambre : Danse avec moi, et la dernière, chambre cachée

Durant l'exposition, Nathalie Rothkoff sera présente pour dessiner des nouveaux dessins, afin de continuer la série qu'elle a réalisé auparavant à Hong Kong. Nous aurons aussi eu la chance d'être témoin de l'impact sensoriel et du plaisir magnifique apporté par les éléments de la danse et l'ambiance musicale colorée dont elle remplit la scène. Cette exposition combine la musique et la danse, elle a pour aspiration d'apporter aux spectateurs une nouvelle expérience de visite d'expositions.


Écrit sur quelques œuvres d'art de Nathalie Rothkoff :

Observer les émotions des œuvres d'art de Nathalie Rothkoff

Elle se met en distance, garde un secret, la profondeur et la lumière sont difficilement perceptibles.

Nathalie Rothkoff est peintre, diplômée de l'École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris. Dans les années 1980, elle commença à concevoir des décors et des costumes en collaboration avec un metteur en scène de théâtre.

Son travail a une forte connotation littéraire.

Sa perception et son appréciation des couleurs s'expriment aussi dans son travail de coloriste pour la mode.

La répétition est la méthode et le style des œuvres de Nathalie : l’accumulation de multiples couches, crée une distorsion visuelle grâce à la combinaison de différentes couleurs. Ces œuvres peuvent être considérées comme étant en mouvement. Pour les spectateurs observant ses œuvres, les changements de perspectives produisent un très fort sentiment de modification  progressif de la couleur.

Mon regard sur ses œuvres m’a évoqué l’idée que l'influence exercée par les couleurs sur l'humeur des êtres humains. Ceci a été déjà considéré par de nombreux prédécesseurs dont les études ont été très poussées.

En résumé, la relation entre les couleurs et les humeurs viennent de l'effet des messages lumineux des couleurs et des différentes longueurs d'onde sur le système nerveux visuel humain, puis transmis au cerveau et entraînant une réaction psychologique via les interactions avec les expériences passées.

Contrairement aux objets et à l’écriture précise, l'humeur provoquée par les couleurs ne peut être très clairement exprimée. Mais cet écho à la fois vague et lointain est pourtant perceptible dans n'importe quelle langue.

Dans la série, Ses mélancoliesde Nathalie, la pourpre est celle que je préfère. Car cette couleur est la partie la plus périphérique du spectre lumineux visible.

Dans la culture occidentale, cette couleur symbolise portant la religion la plus orthodoxe, elle est toujours visible dans l'expression de la solennité et de la dignité. Le catholicisme considère cette couleur comme la couleur de l'évêque, les rabbins dans le judaïsme portent tous des tenues aux couleurs pourpres et rouges chatoyantes. Mais dans la culture asiatique, l'interprétation de la couleur pourpre diffère énormément. Le pourpre ne fait pas partie des couleurs fondamentales dans les cinq éléments de la philosophie chinoise (le bois, le feu, la terre, le métal, l'eau), car elle est l'alliance du bleu et du rouge. Son identité " non orthodoxe " est aussi liée à des histoires classiques comme " le pourpre vicieux fait perdre de sa splendeur à la couleur vermillon ". Le grand maître de la littérature Jin Yong dans son ouvrage Demi-dieu et Semi-démonsa rendu la couleur pourpre encore plus concrète. Avec les deux sœurs Azhu et Asi, le concept " le pourpre vicieux fait perdre de sa splendeur à la couleur vermillon " accompagna le Héros Xiaofeng jusqu'à sa mort à Yanmenguan.

La série en noir et blanc de Nathalie, tout d’abord m’a évoqué la peinture chinoise. Ce n’est pas la couleur noir et blanc qui ressemble à l’encre de chine sur la papier, mais l’expression d’un monde de pensée, mettant en avant l’harmonie entre l’homme et l’univers, et le dynamisme de cette relation. je l’ai ressenti ainsi.

Tout d’un coup, j’ai pensé au film que j’ai vu à la télévision quand j'étais petite «  A Better Tomorrow » où l'acteur Cho Yun-Fat joue le rôle principal.

Un vieux imperméable noir, un pistolet étincelant, le pigeon blanc adoré par John Woo Yu-Sen accompagnait le héros. Des effusions de sang ont gravé des scènes immortelles dans ce film.

Dans les tableaux de Nathalie Rothkoff, les couleurs sont comme l'air, influençant à chaque instant chacun des mouvements des êtres humains/spectateurs. Ils apportent de la force, libèrent l'inspiration, entraînent la mélancolie, évoquent des sentiments.

Les traits de couleur qui s'étendent sont comme un réseau neuronal dans le cortex cérébral, contrôlant chaque instant et l'éternité entre les temps, le bout du monde.

Un magnifique jaune et pourpre, une lumière verte et rouge, un vert jade rouge flottant, une montagne noire et une pierre blanche. La force artistique de toutes les couleurs semble être comme une densité à la fois indistincte et profonde, passant par la tête.

Voilà, je m’arrête, et bienvenue dans le monde merveilleux de Nathalie Rothkoff.

Qiu Chi


Ton Van Os

« Venez aux confins

du silence »



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